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Recherche des solutions miraculeuses contre le stress

Le monde qui nous entoure est de plus en plus anxiogène. Le citoyen recherche des solutions miraculeuses contre le stress qui l’envahit. Perdus dans un torrent d’information angoissantes, certains sont prêts à croire qu’il y a toujours une réponse simple aux problèmes que nous rencontrons. Et si ses solutions pourtant simples ne sont pas mises en œuvre, c’est simplement par mauvaise volonté, par machiavélisme de ceux qui ont des responsabilités. La complexité grandissante du monde qui nous entoure ajoute à l’insécurité que ressent une partie de la population.

Si certains s’en accommodent bon gré mal gré, d’autres se sentent trahis, abandonnés, incompris.

Nous serions en état de crise permanente et l’insécurité serait omniprésente. En 2021, le journaliste Josh Glancy emploie pour la première fois le terme de « permacrise » dans le Sunday Times.

Y a-t-il une explication pour comprendre cette culture nombriliste, cette propension grandissante à condamner l’Autre, ce masochisme constant ?

Les médias diffusent des informations anxiogènes ou dénigrantes en permanence

Présentateur d'information utilisant un mégaphone
Image de www_slon_pics sur Pixabay.com

Il est vrai qu’au quotidien les nouvelles anxiogènes s’enchaînent. Les faits divers succèdent aux faits divers, souvent dramatiques.

Les points de repères disparaissent. Les violences ordinaires se multiplient. Il n’y a plus aucune hiérarchie entre le maître et l’élève, la police et le citoyen. Aujourd’hui tout est discutable, on déconstruit sans arrêt ce qui structurait notre équilibre psychologique.

L’éducation est de plus en plus sous-traitée aux écrans.

La famille qui était basée sur un homme, une femme, des enfants est contesté. Le « genre » serait un choix personnel. Ce bouleversement profond et rapide peut en perturber certains et engendrer des incertitudes nocives à la santé mentale.

Les journalistes se complaisent dans l’impertinence contre les élus ou les experts, rendant la compréhension difficile.

Le « Tous pourris » et le « Tous incapables » fait vendre. Sur un plateau de télévision, il faut cultiver la critique. Dans le cas contraire, le journaliste pourrait être taxé de complaisance.

Le ridicule tue. Pas vraiment ! Le 18 juin, on donne la parole à de jeunes enfants qui questionnent le Président de la République « sur la dissolution de l’Assemblée nationale et sa relation avec son Premier ministre. » Ce sont des questions d’enfants ? Mais qui a « orchestré » cette incroyable spontanéité ?

Les rédactions semblent se réjouir des problèmes rencontrés par les gouvernants ou les acteurs économiques. Celles-ci se font l’écho du plus petit faux pas, donnant le sentiment que tous les acteurs du pays sont des incapables ou des malfaisants.

Si le taux de chômage baisse, alors on parle de la précarité des emplois créés. S’il augmente, on indique que les promesses ne sont pas tenues.

Pour ce qui est de l’accueil des Jeux Olympiques en France, qui devrait être une fierté, tout est fait pour faire penser qu’ils seront catastrophiques. Tout y passe : le prix des billets, la Seine où ne pourraient avoir lieu les épreuves, les problèmes de circulation prévisibles, l’insuffisance des moyens de transport, les rats…

Les réseaux sociaux ont un effet de loupe sur les difficultés de notre société

Pins réseaux sociaux
Image de Biljana Jovanovic sur pixabay.com

Le temps consacré au suivi de l’actualité sur les réseaux sociaux en France est de 35 % chez les plus jeunes. C’est dire l’influence de ce type de média pour l’information du public. Ces réseaux dont personne ne contrôle la véracité des publications !

Il s’agit simplement de faire du bruit pour couvrir la parole des autres.

Evidemment cela n’est pas sans risque. Elon Musk, le propriétaire de Twitter (X), indique lui-même, lors de Vivatech 2024, que les réseaux sociaux programment les jeunes en stimulant leur production de dopamine.

Twitter toujours signale dans un rapport que 16 288 « messages problématiques » issus de l’Hexagone ont été supprimés sur la période allant du 28 août au 20 octobre 2023. C’est largement plus que chez nos voisins européens. Et pourtant en termes de modération, on ne peut pas dire que Twitter soit très regardant.

Tout est bon pour générer une polémique. Alors que la SNCF communique sur sa fierté qu’un TGV émette moins de CO2, certains préfèrent polémiquer sur une hypothétique faute d’orthographe.

Le plongeon raté de Alexis Jandard, lors de l’inauguration de la piscine olympique, comptabilise un nombre incroyable de publications. Et ce plongeon raté a intéressé plus de monde que les deux autres réussis ou l’inauguration elle-même.

L’important sur ces réseaux, c’est d’obtenir des abonnés, des likes, des partages. Et ce à n’importe quel prix !

La plupart des utilisateurs cherchent les informations qui ne contredisent pas ce qu’ils croient plutôt que de contrôler l’information qu’ils reçoivent (biais cognitif de confirmation). Les algorithmes qui gèrent l’affichage confortent ces pratiques. Quant à notre boulimie d’informations, elle s’apparente à du manque informationnel.

La seule chose qui importe : être vu(e) sous son meilleur angle. 7% des Français admettent que des photos portraits ratées peuvent être un motif d’une rupture dans une relation amoureuse. 16% des personnes interrogées sont plus susceptibles de sortir avec quelqu’un qui est bon en photographie. Franchement, on croit rêver !

Un monde de plus en plus complexe qui génère du stress

monde complexe une femme effondrée et des mains qui l'oppressent
Image de Gerd Altmann sur pixabay.com

Un Français sur trois affirme souffrir de phobie administrative et un jeune sur deux chez les 18-34 ans.

Le dérèglement climatique est un sujet de stress. Il n’existe en effet pas de réponse simpliste au problème et les perspectives apparaissent bien sombres. Il en découle un sentiment de fin du monde et une recherche forcenée de bouc émissaires. C’est toujours la faute de l’Autre ! Cet article qui explique que la baisse de pollution aggrave le réchauffement climatique a entraîné sans doute un sentiment de révolte chez beaucoup.

Les contraintes actuelles et celles à venir font que certains parlent d’écologie punitive comme s’il existait une formule miracle qui permettrait de n’avoir aucune contrainte et de se complaire dans la société de consommation la plus débridée, tout en sauvant le climat.

Chaque rappel de produit alimentaire contribue au sentiment d’insécurité. Et pourtant les règles plus strictes, les contrôles plus nombreux nous protègent davantage alors que précédemment nous étions simplement ignorant de leurs toxicités. Ignorant de la toxicité mais serein ! Le cerveau peut-il supporter autant de mauvaises nouvelles ?

En fait, beaucoup regrettent l’insouciance du temps passé. Par le passé, les agressions sexuelles, on n’en parlait pas. Aujourd’hui, leur médiatisation donne le sentiment que l’insécurité augmente.

Les hospitalisations pour tentative de suicide et automutilation sont en forte hausse chez les adolescentes et les jeunes femmes.

A cela, vient s’ajouter un sentiment de solitude, choisie ou subie. Nous n’avons jamais eu autant de relations grâce au numérique, et paradoxalement, autant de personnes qui se sentent seules. Cette solitude renforce sans doute le sentiment que les Autres ne font pas preuve d’empathie.

Selon un rapport récent de la Fondation de France, 1 personne interrogée sur 5 indique se sentir régulièrement seule. Parmi elles, 83 % souffrent de cette situation.

Certains jeunes se coupent du reste du monde et nourrissent une phobie sociale.

Les débordements sont de plus en plus nombreux

Message contre les incivilités dans un magasin de grande surface
Image de Christian Bensi

Les incivilités progressent. Certaines sont justifiés par leurs auteurs comme une réponse aux injustices qu’ils ressentent. Ces auteurs sont-ils de grands criminels ? Sans doute pas !

Généralement un refus d’acceptation de nouvelles contraintes les motive, une agressivité peu contrôlée face à d’inévitables dysfonctionnements.

Ces incivilités, on les constate partout : les personnels soignants, les enseignants, les artistes, le personnel de France Travail mais aussi les élus, les caissières ou les vendeurs dans les magasins en sont les premières victimes.

Lassés de ces incivilités, certaines personnes privilégient l’absence de contact avec le public. Et si la montée croissante du télétravail était aussi une moindre appétence du contact avec l’Autre !

Est-ce aussi une explication pour comprendre que 1539 postes n’ont pas été pourvus cette année aux concours de professeurs des écoles. Et ici il s’agit de faire cours à des enfants ! A priori des anges !

Les citoyens sont tentés de se faire « justice » ou de refuser de se conformer à la loi. Si les affrontements dans le monde sportif existent depuis assez longtemps, la contagion s’étend de plus en plus au sport amateur et les parents n’y sont pas pour rien.

Le contrôle technique des deux-roues motorisés est contesté par les motards, souvent avec violence. Ceux qui ont modifiés leurs motos sont les plus acharnés.

Certains se prétendent « citoyens souverains« , une excellente façon de refuser toutes formes d’autorité.

Existe-t-il des solutions ou faut-il espérer le miracle ?

Apporter une solution
Image de Gerd Altmann sur pixabay.com

Une partie de la population est désemparée et préfère se réfugier dans l’espoir d’un miracle.

Alors que la jeune génération a été élevé dans l’illusion que, dans l’avenir, la facilité serait au rendez-vous, on découvre la vulnérabilité de nos sociétés et que rien n’est jamais acquis.

Le cerveau des plus fragiles et les adeptes des solutions simplistes sont-ils capables d’accepter cela ?

Comme vous l’imaginez, je n’ai pas de solutions mais je vous propose quelques citations de Boris Cyrulnik qui ajoutent à la réflexion.

Quand on ne sait pas qui on est, on est ravi qu’une dictature vous prenne en charge.

Faire naître un enfant n’est pas suffisant, il faut aussi le mettre au monde.

Il faut comprendre que le pessimisme ou l’optimisme n’ont rien à voir avec la réalité. Ils sont fonction de la représentation que l’on se fait du réel.

La vie est une partie d’échecs. Les premiers coups sont importants, mais tant que la partie n’est pas finie, il y a toujours de beaux coups à faire.

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