Pourquoi ce site

Je suis né dans les années 50. L’information passait à l’époque uniquement par les relations sociales, l’école et la presse.

En cette période, disposer de l’information donnait un réel pouvoir. Tout le monde tentait de s’arroger un ascendant sur les autres. Les personnes âgées avaient de « l’expérience », les parents « avaient toujours raison », le pilier de bar expliquait aux autres ce qu’il fallait penser …  

L’informatique des années 80 n’a pas eu d’effet majeur sur le grand public mais elle a rendu possible une véritable révolution : Internet. Sur mon blog en 2006, mon slogan était déjà :

L’information est un droit, le web est son vecteur 

Un slogan qui ne m’a pas attiré que des amitiés ! A l’époque on privilégiait la proximité géographique. L’informatique était considéré encore comme un frein à la relation sociale.

Internet a permis d’accéder vraiment à la connaissance, de partager des opinions mais aussi d’augmenter la puissance de la désinformation. Internet a aussi favorisé le sentiment pour chacun de détenir la vérité, d’être leader d’opinion. Aujourd’hui, chacun sait. L’homme (ou la femme) de la rue dispose d’un puissant mégaphone qui lui permet d’affirmer son point de vue qu’il considère comme une vérité absolue.

Pourquoi j’affirme ici qu’on ne sait jamais

L’idée de ce site m’est venu peu après le début de la pandémie. La crise que nous traversons a montré que nous avions en France 67 millions de sachants. Si certains reconnaissent ne pas savoir, la plupart avait compris comment le virus allait évoluer et bien sûr ce qu’il fallait faire pour vivre comme avant.

Les médias « info en continu » ont pris l’habitude de contraindre leurs invités à donner leur position même quand ceux-ci n’ont pas de réponse pour la question posée. La cadence de diffusion de l’information augmente sans cesse en quantité mais pas en qualité. Les journalistes coupent la parole de leur interlocuteur sans lui laisser le temps de s’expliquer. C’est une course à la vitesse, à la réponse flash. Audimat oblige ! On a pris l’habitude de mettre sur le même plan l’épidémiologiste, le(la) politique et les « auto-proclamés ». Tout cela donne le sentiment à tout un chacun de détenir LA vérité.

Je laisse la parole à Étienne Klein, physicien, directeur de recherches au CEA et docteur en philosophie des sciences qui illustre avec brio mon propos.

Le site onnesaitjamais.net abordera l’actualité. Je reviendrai aussi sur ce que j’ai appris durant mon parcours de vie ainsi que sur mes erreurs. Car comme tout un chacun, j’ai cru longtemps que je savais.

Il me semble que la violence que nous voyons se développer partout s’appuie sur ce postulat :

Je sais… et si les autres ne sont pas d’accord avec moi, c’est qu’ils ont tort.

Sur ce site, j’ai voulu laisser les commentaires ouverts. A vrai dire je constate que la possibilité de commenter est de moins en moins utilisée sur le Web. Je rêve que cet espace devienne un lieu de partage d’expérience. Mais vos commentaires seront soumis à une modération. Je ne souhaite en effet accueillir ici ni les théoriciens du complot, ni les discours haineux. Si je constate que les commentaires ne sont pas un lieu d’échange courtois mais un ring, je supprimerais la possibilité de commenter. Il restera toujours la possibilité de poursuivre sur les réseaux sociaux mais pas ici.

Pour conclure, je vous propose d’écouter Jean Gabin : Maintenant je sais, je sais qu’on ne sait jamais.

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